Au bureau de Beaumont, une postière parfaitement relationnelle…

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La Poste de Beaumont, depuis des lustres et en ces années 1970 était alors dotée d'un Receveur des PTT attaché au bureau et, sujétion de service obligeait, occupait un logement de fonction situé au premier étage de la vieille bâtisse municipale. Successivement, ils eurent comme noms : Michel Angleviel, Claude Rolland et Madame Pin.

C'était de ce temps comme allégorique pendant lequel deux agents étaient simultanément au service du public à l'accueil. D'autre part, une cabine téléphonique était à la disposition de l'usager dans la salle d'accueil. C'était dire aussi que la méfiance vis-à-vis des malfrats attaquant les bureaux de Poste, n'existait pas comme aujourd'hui, ni la caméra de surveillance, ni la porte d'entrée filtrée par une manipulation de l'hôtesse de caisse.

Elle prend ou non la décision de donner accès à l'advenant au bureau dont elle a la charge sinon la police. Certes, la population de notre commune avoisine les quatre mille habitants. Une seule personne assure aujourd'hui l'accueil du Bureau de Poste. Tandis qu'il y a trente années échues, quand Beaumont comptait la moitié moins d'habitants, deux employés représentaient simultanément les hôtes en duo opérationnel.

 Aussi en ce temps comme immémorial pour beaucoup, le conseiller financier était ni plus ni moins le Receveur des Postes en personne. Emploi de direction qui a purement et simplement disparu par mesure d'économie injustifiée vis-à-vis d'un service au public ayant pourtant pour règle : Continuité et adaptabilité. Seule une conseillère financière opère des permanences pendant qu'une seule personne bien solitaire et souvent trop surmenée accueille la clientèle pour les formalités courantes. Ce qui signifie que depuis lors, le nombre des fonctionnaires de la Poste à Beaumont a été réduit des deux tiers à emplois strictement comparables.

En ce vendredi 30 mai 2014, je devais me rendre à la Poste pour effectuer une banale formalité concernant mon compte courant postal. A la réception, une dame certainement de la dynamique cinquantaine d'années m'accueillait courtoisement. A priori, je lui déclinais mon identité et lui faisais part des renseignements nécessaires à l'accomplissement de cette opération bien courante. Etant le seul client en cette fin de mois, cette personne très courtoise et parfaitement accueillante, après avoir accompli ce pourquoi j'étais venu, me disait tout de go et de façon très maternelle témoignant d'une bienveillante disponibilité d'esprit...Alors que j'étais porteur d'une simple chemise sans manche : « Vous n'avez pas froid avec la température qu'il fait ?... ». Je la rassurais en lui répondant que le temps tel qu'il était se montrait agréable. Et puis, je devais acheter un carnet de timbres. Alors, l'ingénue me présentait en les commentant les planchettes de dix timbres et aussi de cinq. Elle se faisait l'interprète de la Poste émettrice de ces timbres par ailleurs très jolis et dignes de belle collection. A tel effet que je préférais, à tout prendre, dix superbes timbres étant entendu qu'ils ne sont plus comme il y a trente années de cela mais autocollants et imprimés par des très modernes machines hypersophistiquées.

Alors, la Postière à qui je faisais remarquer que pour un vendredi matin, peu de monde se présentait à l'accueil. Elle me répliquait que des véritables flux imprévisibles font qu'à certains moments de la journée, il y a foule et qu'à d'autres heures, plus personne ne se présente. Pourtant les autorités hiérarchiques de l'administration postale et dans la problématique libéralisation de ce service public, a dû froidement trancher dans le vif. Elle a diminué l'effectif en une sombre coupe franche et irréversible. Elle a fait bizarrement disparaître la boîte aux lettres extérieure, ce qui représente un non-sens évident. Installé dans le hall d'accueil à l'intention de l'usager, se trouve un nouvel automate destiné à l'endossement des chèques. Parce que la plupart du temps, la clientèle se révèle nombreuse. Il importe de faire la contraignante queue, certainement de façon abusive en attendant son tour comme à la Sécurité Sociale.

Pourtant cette nouvelle postière représente une richesse humaine pour les habitués. Elle témoigne adorablement d'une belle sérénité en dominant avec compétence et disponibilité les tâches qui lui sont confiées et dans la meilleure célérité qui soit. Avec en plus quelques agréables paroles la rendant accueillante et amène à souhait. Délicate et même attentionnée, elle se trouve à la disposition de tous les Beaumontois. Si vous êtes contraint(e)(s) d'accomplir la fastidieuse queue, ne lui en tenez donc pas rigueur. Elle fait de son mieux, selon la restrictive norme imposée par sa direction. Elle, sympathique, courtoise et très aimable...

Au bureau de Beaumont, une postière parfaitement relationnelle.

Jean Perrier