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Les raisons de la colère

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Depuis le soir des élections municipales, le résultat est encore dans les mémoires et au centre de nombreuses conversations.C’est le mot "incroyable" qui revient le plus souvent dans les propos tenus, et qui génère une juste colère.  C’est une défaite effectivement incroyable au niveau de son ampleur, qui a surpris même nos adversaires mais qui ne reflète pas la réalité.

S’il est toujours facile de refaire le match, on peut faire une ou des analyses des causes, de ce que l’on peut appeler une gifle monumentale, même s’il faut se garder d’une forme d’auto-flagellation ou d’amertume.

 

 

Nous avions, c’est indéniable, une bonne liste, largement renouvelée et composée de personnes à la compétence reconnue. Il faut croire que cela n’a pas joué dans le choix du tiers des électeurs nous ayant fait défaut. Le fait qu’ils aient rejoint la liste concurrente met à mal l’argument du contexte national. Il faut chercher dans les raisons de cet échec la dénaturation de notre programme, dont la caricature a fait peur à de nombreuses personnes et a davantage convaicu que tous nos chiffrages et dénégations 

 

Le message de nos adversaires sur les logements sociaux qui, à demi-mot, faisait croire à une arrivée massive de femmes voilées sur notre commune, a été un argument, certes totalement répugnant et inique, mais grandement efficace dans un contexte de droitisation de la société et des esprits. Nous n’avons pas réagi avec efficacité à ce message qui est resté gravé dans la tête de nombreux électeurs. Nos arguments chiffrés étaient peut-être d’une trop grande complexité pour des gens qui sont sensibles à des slogans simples pour ne pas dire simplistes.

 

Nous avons fait preuve, sans doute, d’une trop grande suffisance, mais nous étions sûrs (et nous les sommes encore) de la justesse de nos positions et que nous agissions pour le bien des Beaumontois.

 

Peut -être aurait-il mieux valu tenir compte de la pétition. Mais nous avons été aveuglés par la monstruosité des mensonges en oubliant qu’elle avait recueilli plus de 900 signatures. Un geste sur la hauteur des immeubles (pas de R+3) aurait-il renversé la tendance ? Pas certain, mais il aurait fallu essayer le compromis. Pour voir, tout simplement….

 

Enfin, en regrettant encore une fois la campagne de rumeurs et de mensonges de nos adversaires dont le projet est de continuer à ronronner à l’abri des bruits et des lumières de la ville, il n’aurait pas fallu démarrer les chantiers Verchères et Jonquilles en sachant qu’ils ne seraient pas terminés avant les élections. Un chantier ne donne jamais une image positive de la réalité.

 

Je suis donc en colère contre nous-mêmes et contre ceux qui nous ont trahis, car nous laissons à nos adversaires un vrai boulevard, avec des équipements  en nombre et en bon état, un redressement des finances en bonne voie. Ils vont pouvoir gérer en épicier la commune, en investissant exclusivement dans les fleurs et les balais. Et j’ai du mal à le digérer.

 

Gérard DALVERNY